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N° 2 - Décembre 2006
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C'est une publication MyStarter dotNet

95 % d'informateurs professionnels appliquent ce principe
95 % des formateurs en entreprise ignorent qu'il existe...

FORMATION (2/5): le principe fondateur de la communication !


Dans notre précédent article (Didactic n° 1) nous avons vu que tout formateur dispose d'une latitude d'expression qu'il peut syntoniser avec son tempérament. Nous avions promis de formaliser dans cet article le principe fondateur de la communication moderne. Sans en être forcément conscients nous en connaissons l'application quotidienne dans tous les journaux télévisés et radio, sans distinction de pays.
Voici ce principe:

  1. DIRE ce que l'on va DIRE
  2. le DIRE
  3. DIRE qu'on l'a DIT

On appelle cette expression "la règle des 3 dits". Et parce qu'elle est déjà appliquée par les grands orateurs de l'antiquité, elle fait certainement partie de notre patrimoine commun. Dans le cas d'un journal télévisé ou radio, cela consiste (1er dit) à annoncer les titres pour préparer l'audience à la réception du message. Dans le domaine de la formation/ apprentissage, cela équivaut à notre consultation du sommaire d'un livre, à la présentation du plan du cours par l'animateur, etc. De cette manière, le développement du contenu (2e dit) est attendu avec une réception profitable. Dire ce que l'on a dit (3e dit) équivaut au rappel des titres d'un journal télévisé ou radio. Dans le cas d'une formation, cela correspond à la synthèse du cours, chapitre de ce cours etc.

En observant ce principe universellement adopté et appliqué par les professionnels de l'information, notre action de formateur est réellement en ligne avec ce premier critère du métier.

  • A suivre dans le n°3 de Didactic (Formation 3/5) : toute la technique et les critères exclusifs pour la préparation du contenu d'une formation ou séminaire
QCM : le "bon" piège aux "bonnes questions" de l'entreprise
ÉVALUATION: mais d'où vient cette tendance à utiliser des QCM foireuses plutôt que des questions Vrai/Faux acceptables ?


Parmi les motivations multiples, citons-en deux courantes:

1. Réduire l'effet du hasard...
Dans l'esprit courant 3 ou 4 choix de réponse sont supposés réduire la probabilité de gagner des points au hasard. Mais puisque la technique des indices de certitude associée aux V/F annule l'effet du hasard, cette précaution ressemble à un emplâtre sur une jambe de bois.

2. Se donner un aspect technique présumé "plus présentable".
Se donner bonne conscience nous préoccupe tous mais qu'en est-il ici exactement ?
Et bien, ce sujet est administré par la docimologie, science des examens et matière de base du cursus du pédagogue. Mais rappelons avant tout, pour soulager notre conscience, que pour être valide une QCM doit toujours comporter ces 3 composantes:

la consigne

Elle se décline en 4 rubriques pour décrire : les questions, le mode de réponse, les principes de notation et le barème des conséquences. Ce dernier doit préciser les points obtenus en cas de réponse correcte, réponse incorrecte ou en cas d'omission.

l'amorce

Disons, pour faire simple, qu'il s'agit de la question posée au candidat

les choix de réponse

Les choix de réponse comportent des solutions correctes et des solutions incorrectes dont l'appellation technique est "distracteurs"

Dans "La conception des questions à choix multiple" (D. Leclercq, 1986) l'auteur explique 20 règles de rédaction de l'amorce et des choix de réponse. La transgression d'une règle invalide la QCM... Le lecteur qui désire s'initier à l'évaluation peut aussi trouver dans le "Précis de docimologie" (G. De Landsheere, 1980) les bases scientifiques de l'évaluation. Vous pouvez également utiliser le formulaire en bas de la NewsLetter pour réagir et poser vos questions au rédacteur de cet article.

Décomposition de QCM en question V/F avec indice de certitude
L'élaboration de batteries de questions de type QCM renvoie à des notions peu familières à l'entreprise. Il s'agit en plus d'un sujet socialement délicat car susceptible de créditer/ discréditer le personnel par une mesure de compétence erronée. L'utilisation de questions V/F avec indice de certitude est une alternative efficace et judicieuse. C'est aussi la solution idéale dans une large majorité de cas en entreprise. Par ailleurs, la rédaction de QCM est synonyme de gaspillage de bonnes questions. Analogie: supposons de partir à la chasse avec la résolution préalable de tirer systématiquement une rafale de 4 cartouches sur chaque cible, cette résolution manque d'intérêt et perturbe l'action principale.

La décomposition de QCM en questions V/F est simple !
La V/F est l'équivalent du 0/1 en logique et informatique. Ainsi, une QCM comportant 4 choix de réponses peut facilement être transformée en 4 questions V/F. C'est d'ailleurs lors d'une telle transformation que le rédacteur des questions réalise à quel point certains distracteurs ont peu d'intérêt et qu'ils ne distraient rien du tout. La QCM 1 donne un bel exemple de distracteurs sans intérêt (probabilité nulle d'être cochés), c'est pourquoi c'est une fausse QCM. Aux distracteurs sans intérêt se mêlent trop souvent des distracteurs foireux dont nous parlerons à une autre occasion et qui troublent les connaissances correctes (Skinner, 1961; Preston, 1965; Karraker, 1967).

QCM 1 : De quel dessinateur Mickey est-il le personnage ?
1. Walt Disney (RC)
2. Pablo Picasso (distracteur 1)
3. Michel-Ange (distracteur 2)
4. Rubens (distracteur 3)

Cette fausse QCM peut être transformée en 1 V/F valable selon 2 formulations typiques :

A : Mickey est un personnage de Walt Disney

Vrai ? ou Faux ?

B : Mickey n'est pas un personnage de Walt Disney

Vrai ? ou Faux ?

La formulation B est préférable à la formulation A parce que l'expérimentation montre qu'en cas de doute, les candidats répondent surtout par l'affirmative. Autrement dit, le candidat qui n'est pas sûr de sa réponse, préfère répondre "c'est vrai". Pour cette raison, un questionnaire d'évaluation doit être optimisé selon un quota de Vrais et de Faux déterminé par des règles. Mais ce n'est pas tout, pour certaines questions la RC doit obligatoirement être "Faux", la cas échéant l'on tombe dans le problème démontré par Skinner en 1961.

Indices de certitude
Les barèmes d'indices de certitudes constituent l'un des outils majeurs d'une évaluation à questions fermées (QCM, V/F, ...). Ces barèmes sont une sorte de tables reprenant les résultats d'un calcul issu de la théorie de la décision dont les économistes sont les concepteurs. L'un des buts d'un barème d'indices de certitude est de permettre aux candidats d'obtenir le maximum des points lorsqu'ils décident de dire la vérité, question après question. A l'inverse, gare aux mensonges, les pénalités sont assorties à leur gravité.

  • Problématique à suivre dans le prochain Didactic ...

Rédigé par A. Caruso
pédagogue industriel, Univ. de Liège.



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